Mes visions, mes dessins.
Mes dessins sont le miroir de ma recherche de l’Idéal. Mais celui-ci, sans que je ne m’en aperçoive, se mute parfois en piège, déguise le cul de sac.
Car notre déséquilibre, tel Janus, nous présente une fâcheuse tête duplice. Il peut être à la source de notre créativité: il peut l'anéantir, ravager tout élan de vie, tout bouleverser sans pour autant nous propulser vers les couches supérieures, sans pour autant heurter en quoi que ce soit les symétries de l'absolu... Et même si ce chaos est surpeuplé de monstres, même si ses murs frémissent…très peu de ce tumulte est en mesure de se frayer un passage vers l’extérieur, vers le réel.
Je suis souvent tentée de croire qu’il suffit d'étaler ma propre aliénation pour en faire un sujet d’art… hélas, cela n’est pas suffisant : trop évident, trop pénible … voire pitoyable.
Je veux encore creuser. J'ai la soif de l’essentiel. Je veux ce qui manque. Voici le mot d'ordre de cet inégal combat que je mène contre le reste du temps qui m'a été consenti. Parfois je ne trouve que la force de piétiner sur place, de tourner en rond, de vadrouiller dans ces mondes que j'ai dessinés en moi. Parfois je me hâte vers l’avant, me martelant :
... "l'important c'est de ne pas te soumettre, de ne pas subir, de ne jamais abandonner."
Je n’ai point de croyances: je les ai toutes oubliées je ne sais plus où. Je me suis débarrassée de mes certitudes: je les ai sciemment balancées. C'est pour cela que je hais mes obsessions tout en les chérissant in perpetuum. Je me suis égarée. Je ne me retrouve désormais que dans mes dessins...
Comment atteindre alors l’équilibre entre la précision du contour et son frémissement, entre l'exagération de la ligne et sa dissolution complète? Comment le faire, si d'une part je me tourmente par la quête de précision, de ce pas monotone et de rythme égal qui empêche les fausses notes de se faufiler et si d'autre part je porte en moi la volonté d’indéfinir, d’indéterminer, de laisser les choses en souffrance ?
Travailler avec le vivant relève à la foi du sacré et de l'effroi. Je sens et palpite avec ce qui se cache, avec ce qui respire à l’intérieur de ce corps que mon regard dévore, mais que ma vision dissèque et immobilise. Epouvantée par sa délicatesse, j'ai égratigné sa structure, ce qu'il avait de solide, je lui ai donné enfin, la perpétuité inflexible des siècles. En tentant de maîtriser ce qui m'échappe, de fuir l'éphémère, je l'ai arraché à la réalité pour l'enfermer dans mes traits. En apprenti sorcière, j'ai brisé le miroir et confondu les frontières.
Dessiner relève en effet de la magie, l’acte même de dessiner permet de supporter la réalité, supporter, aussi bien dans le sens d'endurer que de soutenir. La réalité est certes un point de départ mais de moindre pouvoir, c'est la magie du dessin qui l'informe et la remplit de sens. Celle-ci peut vivre d’elle-même, n'a besoin de rien et nous offre tant.
Formation
2007 Faculté de Médecine, Paris Descartes, cours d'anatomie - auditeur libre.
2001-2002 Post-diplôme (École Nationale Supérieure des Beaux Arts, Paris).
1996-2002 Études à l'École Nationale Supérieure des Beaux Arts, diplômée avec félicitations unanimes du jury (DNSAP)
1992-1996 Études à l'Académie des Beaux Arts de Lodz, Pologne.
Expérience professionnelle
Depuis 2007 Anatomie artistique : direction de stages de morphologie artistique pour des adultes à l'École Nationale Supérieure des Beaux Arts.
Depuis 2005 : Professeur de dessin d'après modèle vivant et de morphologie à L'École Nationale Supérieure des Beaux Arts de Paris (Cours pour adultes).
1999-2002 Monitrice à la base photographique de L'École Nationale Supérieure des Beaux Arts.
1998-2007 Travail à la Galerie de l'ENSBA (service des expositions).
1996 Réalisation des illustrations (couvertures) des deux tomes du livre de poésie de Hanna Prosnak (Éditions Centauro, Lodz, Pologne).
1996 Réalisation des illustrations (couvertures) pour des livres pour la jeunesse (Éditions Hamal Books,Lodz, Pologne).
1993-1995 Travail dans l'atelier de Lithographie et de Gravure sur métal de Witold Warzywoda, Lodz, Pologne.